Le salaire d’une aide soignante dépend de plusieurs variables : secteur d’exercice, ancienneté, primes et statut contractuel. En France, plus de 90 % des aides-soignants sont des femmes (DREES 2021) et la profession représente l’un des métiers les plus sollicités du secteur de la santé, avec 2,8 millions de missions publiées en 2024 selon les données sectorielles 2024. Dans un contexte où le Plan France 2030 prévoit 290 000 postes à pourvoir, comprendre la grille de rémunération et ses leviers d’évolution est essentiel, que vous soyez soignant en recherche de poste ou directeur d’établissement.
Combien gagne une aide soignante en France en 2026 ?
Les chiffres varient selon le statut (public, privé, intérim) et l’ancienneté. Voici les références à retenir pour 2026.
Salaire brut moyen selon le secteur
Dans la fonction publique hospitalière (FPH), le salaire brut de base en classe normale va de 1 836,20 € (échelon 1) à 2 545,08 € (échelon 11). La moyenne nationale, toutes expériences et tous secteurs confondus, se situe autour de 2 059 € brut/mois.
Dans le secteur privé (cliniques, EHPAD privés), le salaire de départ tourne autour de 1 795 € brut, avec une progression qui dépend de la convention collective applicable (CCN 51 ou CCN 66).
En intérim, le salaire moyen atteint 2 134 € brut/mois, auquel s’ajoutent l’IFM (Indemnité de Fin de Mission) et l’ICCP (Indemnité Compensatrice de Congés Payés), soit +10 % chacune sur le brut. Ce statut est accessible uniquement après 2 ans d’expérience en poste fixe, conformément à la loi Valletoux de 2024.
Salaire net d’une aide soignante
Le passage du brut au net s’effectue en déduisant les cotisations salariales, qui représentent environ 22 à 23 % du brut selon le régime (CNRACL pour le public, régime général pour le privé).
| Profil | Salaire brut | Salaire net estimé |
|---|---|---|
| Débutante (FPH, échelon 1) | 1 836 € | ~1 550 € |
| 5 ans d’expérience (FPH) | ~2 014 € | ~1 697 € |
| Fin de carrière (FPH, échelon 11) | 2 545 € | ~1 909 € |
Ces montants nets n’incluent pas les primes, qui peuvent ajouter 150 à 500 € nets supplémentaires selon le poste et les horaires.
Exemple concret : Camille, aide soignante depuis 5 ans en EHPAD public, est à l’échelon 5 de la classe normale. Son salaire de base est de 2 014 € brut, auquel s’ajoutent 183 € net de prime Ségur et 350 € brut de prime de nuit (car elle travaille en rotation). Son net mensuel total dépasse 2 100 €.
La grille indiciaire officielle 2026 (classe normale et classe supérieure)
Depuis la revalorisation du Ségur de la santé en 2021, les aides-soignants sont classés en catégorie B de la fonction publique. La grille indiciaire est calculée sur la base de la valeur du point d’indice FPH, actuellement fixée à 4,92269 € (valeur 2025-2026).
Grille classe normale (11 échelons)
| Échelon | Indice majoré | Salaire brut mensuel | Durée dans l’échelon |
|---|---|---|---|
| 1 | 373 | 1 836,20 € | 1 an 6 mois |
| 2 | 382 | 1 880,47 € | 1 an 6 mois |
| 3 | 393 | 1 934,58 € | 2 ans |
| 4 | 407 | 2 003,53 € | 2 ans |
| 5 | 421 | 2 072,45 € | 2 ans 6 mois |
| 6 | 436 | 2 146,29 € | 2 ans 6 mois |
| 7 | 451 | 2 220,13 € | 3 ans |
| 8 | 466 | 2 293,97 € | 3 ans |
| 9 | 481 | 2 367,81 € | 3 ans 6 mois |
| 10 | 502 | 2 471,19 € | 4 ans |
| 11 | 517 | 2 545,08 € | — |
La progression est automatique : chaque échelon est atteint par ancienneté, sans condition d’évaluation particulière dans la grande majorité des cas.
Grille classe supérieure (11 échelons)
L’accès à la classe supérieure se fait sur dossier ou par concours interne, après plusieurs années d’ancienneté en classe normale. Elle ouvre droit à une grille revalorisée.
| Échelon | Indice majoré | Salaire brut mensuel | Durée dans l’échelon |
|---|---|---|---|
| 1 | 387 | 1 905,12 € | 1 an 6 mois |
| 2 | 399 | 1 964,15 € | 1 an 6 mois |
| 3 | 412 | 2 027,95 € | 2 ans |
| 4 | 427 | 2 101,79 € | 2 ans |
| 5 | 444 | 2 185,48 € | 2 ans 6 mois |
| 6 | 461 | 2 269,16 € | 2 ans 6 mois |
| 7 | 478 | 2 352,84 € | 3 ans |
| 8 | 496 | 2 441,45 € | 3 ans |
| 9 | 516 | 2 539,87 € | 3 ans 6 mois |
| 10 | 543 | 2 672,82 € | 4 ans |
| 11 | 560 | 2 756,76 € | — |
L’écart entre classe normale et classe supérieure en fin de carrière représente environ 212 € brut/mois, soit un gain net d’environ 165 € après cotisations.
Les primes qui complètent le salaire de base
Le salaire brut de la grille indiciaire ne reflète pas la rémunération réelle : les primes peuvent représenter 10 à 30 % du total mensuel.
Primes récurrentes
- Prime Ségur : issue du Ségur de la santé (2020), elle est de 183 € net/mois dans le secteur public et de 160 € net/mois dans le privé conventionné. Elle est versée chaque mois, quel que soit l’échelon.
- Prime spéciale de sujétion : environ 10 % du salaire brut de base, compensant les contraintes liées aux conditions de travail (horaires décalés, contact avec des patients dépendants).
- Prime de nuit : jusqu’à 25 % du salaire de base pour les plages horaires nocturnes (21h-6h), soit entre 350 et 500 € brut/mois pour un profil médian.
- Indemnité Forfaitaire de Risque (IFR) : versée aux personnels des services d’urgences, entre 24 et 48 € brut/mois.
Primes ponctuelles et avantages
- Prime Spéciale d’Installation (PSI) : de 2 000 à 5 000 € lors d’une première affectation dans certaines zones géographiques ou établissements en tension.
- Prime d’attractivité : entre 1 000 et 5 000 € sur un an, selon les dispositifs mis en place par l’établissement.
- Rémunération de Fin de Formation (RFF) : jusqu’à 756,63 €/mois pour les agents en formation (DEAS, passerelle infirmier) financés par l’employeur.
- Heures supplémentaires : jusqu’à 240 heures par an dans le public, majorées d’au moins 10 %.
Le salaire selon le type d’établissement et la région
Hôpital public, EHPAD, clinique privée, domicile
Les conditions de rémunération diffèrent sensiblement selon le lieu d’exercice.
| Secteur | Salaire brut débutant | Salaire brut expérimenté (5 ans+) | Notes |
|---|---|---|---|
| Hôpital public (FPH) | 1 836 € | 2 014 € | Grille indiciaire, prime Ségur 183 € net |
| EHPAD public | 1 836 € | 2 014 € | Même grille que FPH |
| EHPAD privé | ~1 795 € | ~1 900 € | CCN 51 ou 66, prime Ségur 160 € net |
| Clinique privée | ~1 795 € | ~1 950 € | Variable selon CCN |
| SSIAD / domicile | ~1 750 € | ~1 900 € | Soumis à la CCN de la branche |
Pour les EHPAD privés, le salaire net débutant tourne autour de 1 350 €, et peut atteindre 2 000 € net en fin de carrière avec les primes. La différence principale avec le public réside dans le montant de la prime Ségur (160 € contre 183 €) et dans les grilles de progression moins lisibles.
Disparités régionales
Le secteur public applique une grille nationale unique, mais les primes d’attractivité et de recrutement varient selon les régions.
- Bretagne : 1 800 à 2 000 € brut/mois (primes régionales limitées)
- Ile-de-France : 2 300 à 2 500 € brut/mois (indemnité de résidence + primes d’attractivité fréquentes)
- Marseille et PACA : jusqu’à 2 537 € brut/mois selon les établissements
Ces écarts s’expliquent en grande partie par les indemnités de résidence (jusqu’à 3 % du traitement indiciaire en zone 1), les primes de recrutement en zone tendue, et les spécificités des conventions locales dans le privé.
Salaire aide soignante de nuit : ce qui change réellement
Majoration nuit et week-end
Travailler de nuit modifie significativement la fiche de paie. Dans la fonction publique hospitalière, les heures effectuées entre 21h et 6h ouvrent droit à une majoration de 25 % du salaire de base, soit une augmentation mensuelle de 350 à 500 € brut pour un profil en classe normale.
Les dimanches et jours fériés sont également majorés selon des barèmes conventionnels spécifiques, qui varient entre le public et le privé.
Autre avantage concret : dans la FPH, le travail de nuit donne accès à la catégorie active de la retraite, permettant une ouverture des droits à 57 ans au lieu de 62, à condition d’avoir accompli un nombre suffisant d’années en travail de nuit.
Comment évolue la rémunération au fil de la carrière
La progression salariale d’une aide soignante repose sur deux mécanismes principaux : l’avancement automatique dans la grille (échelon par ancienneté) et l’accès à des formations qualifiantes ou à des postes à responsabilité accrue.
Passerelle vers infirmier
Depuis la réforme de 2023, les aides-soignants justifiant de 3 ans d’expérience peuvent intégrer directement la 2e année d’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers), sans repasser par la 1ère année. Le diplôme d’État d’infirmier ouvre accès à une grille de rémunération nettement supérieure : le gain est de 800 à 1 000 € brut/mois dès l’obtention du diplôme.
Certains établissements financent cette formation dans le cadre d’un accord d’engagement de service, ce qui réduit le coût personnel de la transition.
Autres évolutions possibles
La profession d’aide soignante est un point de départ vers plusieurs spécialisations reconnues :
- Assistante de soins en gérontologie (ASG) : spécialisation adaptée aux établissements accueillant des personnes âgées dépendantes ou atteintes de maladies neurodégénératives
- Auxiliaire de puériculture (DEAP) : reconversion vers les soins pédiatriques
- Cadre de santé : via concours FPH après plusieurs années d’expérience infirmière
- Agent de service hospitalier (ASH) : évolution possible dans le sens inverse, vers des missions de soutien logistique
Aide soignante en intérim ou en vacation : une rémunération différente
C’est l’un des angles les moins bien documentés sur le web, alors qu’il concerne un nombre croissant de soignants qui cherchent à concilier flexibilité et rémunération compétitive.
Intérim aide soignante : conditions et salaire
Le salaire moyen d’une aide soignante intérimaire est de 2 134 € brut/mois (données sectorielles 2024), soit environ 100 € de plus qu’un profil équivalent en poste fixe à 5 ans d’ancienneté. Mais la rémunération réelle est encore supérieure grâce à deux indemnités obligatoires :
- IFM (Indemnité de Fin de Mission) : +10 % du brut
- ICCP (Indemnité Compensatrice de Congés Payés) : +10 % du brut
Soit, pour un taux horaire brut de 12 €, un total effectif de 14,40 € brut/heure. Le calcul du coefficient de rémunération en intérim est un point technique à bien maîtriser avant de comparer les offres d’agences.
Depuis la loi Valletoux de 2024, l’accès à l’intérim en santé est conditionné à 2 ans d’expérience dans le même secteur. Cette règle vise à préserver la qualité des soins et à éviter que des profils sans expérience suffisante accèdent à des missions d’intérim dans des environnements exigeants.
Vacation aide soignante : avantages et différences avec l’intérim
La vacation est souvent confondue avec l’intérim, mais les deux statuts sont distincts. En vacation, l’aide soignante intervient directement pour un établissement, sans passer par une agence. L’établissement fait appel à son propre vivier de remplaçants pour couvrir des absences ponctuelles.
La rémunération en vacation est calquée sur la grille de l’établissement (FPH ou CCN privée selon le cas), sans IFM ni ICCP. En revanche, il n’y a pas de condition de 2 ans comme en intérim, ce qui rend ce statut accessible plus tôt dans la carrière.
Pour comprendre les implications concrètes de travailler en vacation comme aide soignante, notamment en ce qui concerne les droits sociaux et la couverture, un article dédié fait le point sur les règles applicables. Pour aller plus loin sur les différences de statut, la définition de vacataire de santé apporte un éclairage complet sur les droits et obligations de chaque partie.
Du côté des établissements, le comparatif des coûts pour l’établissement entre intérim et vacation montre que la vacation est systématiquement moins coûteuse à profil équivalent, ce qui explique l’intérêt croissant pour les viviers internes de remplaçants.
FAQ
Quel est le salaire net d’une aide soignante par mois ?
En 2026, le salaire net d’une aide soignante dans la fonction publique hospitalière varie entre 1 550 € net (débutante, échelon 1) et 1 909 € net (fin de carrière, échelon 11 classe normale), hors primes. Avec la prime Ségur de 183 € net et d’éventuelles primes de nuit ou de sujétion, le net mensuel peut dépasser 2 200 € pour un profil expérimenté avec des horaires décalés.
Quel est le salaire d’une aide soignante en EHPAD en 2026 ?
Dans un EHPAD public, la grille est identique à celle de l’hôpital public (FPH) : de 1 836 € brut à 2 545 € brut selon l’échelon, plus la prime Ségur de 183 € net. Dans un EHPAD privé, le salaire de départ est légèrement inférieur (autour de 1 795 € brut), avec une prime Ségur de 160 € net. Le net débutant en EHPAD privé tourne autour de 1 350 €, et peut atteindre 2 000 € net avec l’ancienneté et les primes.
Comment une aide soignante peut-elle augmenter son salaire ?
Plusieurs leviers existent : progresser dans la grille par l’ancienneté, accéder à la classe supérieure (via concours ou dossier), se positionner sur des horaires de nuit (majoration 25 %), changer de secteur (intérim, gériatrie, urgences), ou se former pour évoluer vers le diplôme infirmier (gain de 800 à 1 000 € brut/mois). La vacation dans des établissements ayant un vivier actif peut aussi permettre de multiplier les missions sans attendre les 2 ans requis pour l’intérim.
Quelle est la différence de salaire entre une aide soignante en intérim et en poste fixe ?
Pour un même profil à 5 ans d’expérience, une aide soignante en poste fixe (FPH) perçoit environ 2 014 € brut. En intérim, le salaire moyen est de 2 134 € brut, avant ajout de l’IFM (+10 %) et de l’ICCP (+10 %). Le gain net réel dépasse donc les apparences. L’intérim est cependant soumis à la loi Valletoux (2 ans d’expérience obligatoires) et n’offre pas la même stabilité, ni les mêmes droits à la retraite en catégorie active.
Conclusion
En 2026, le salaire d’une aide soignante oscille entre 1 836 € brut en début de carrière et plus de 2 700 € brut en fin de grille classe supérieure, sans compter les primes. La prime Ségur a représenté un tournant majeur en 2020, et les dispositifs d’attractivité continuent d’évoluer face à une pénurie de soignants structurelle.
Que vous soyez soignante en poste fixe cherchant à optimiser votre rémunération, ou directeur d’établissement souhaitant comprendre les enjeux du recrutement et de la fidélisation, les leviers existent : grille indiciaire, primes, évolution vers l’intérim ou la vacation, formation qualifiante. L’essentiel est de choisir le cadre qui correspond à votre situation et à vos objectifs professionnels.
