Salaire aide-soignante de nuit en 2026 : grille, primes et montants nets

13 min de lecture
En 2026, le salaire d'une aide-soignante de nuit varie entre 1 520 et 2 240 euros nets selon l'échelon, le secteur et les primes cumulées. Depuis le décret du 22 décembre 2023, la prime de nuit dans la fonction publique hospitalière correspond à 25 % du traitement indiciaire brut par heure effectuée entre 21h et 6h, soit environ 4 euros de l'heure à l'échelon médian. Dans le privé et en EHPAD, les conventions CCN 51 et CCN 66 fixent des majorations de 22 à 25 %. Ces primes se cumulent avec la prime dimanche, les jours fériés et la prime Ségur. Cet article détaille les montants réels selon chaque situation, la formule de calcul, les droits au repos compensateur souvent méconnus et les leviers pour optimiser sa rémunération nocturne.
Sommaire

Travailler de nuit dans un service hospitalier ou en EHPAD représente un engagement physique et psychologique fort. La contrepartie financière, en revanche, reste mal comprise : entre grille indiciaire, prime de nuit, prime Ségur et majorations week-end, peu d’aides-soignantes ont une vision claire de leur rémunération réelle.

Cet article fait le point sur les montants concrets en 2026 — que vous exerciez à l’hôpital public, en EHPAD ou via des missions de vacation de nuit en tant que vacataire de santé. Grille FPH actualisée, formule de calcul de la prime nuit, simulation mensuelle détaillée et droits au repos compensateur : voici tout ce que vous devez savoir.

Combien gagne une aide-soignante de nuit en 2026 ?

La rémunération d’une aide-soignante de nuit se compose d’un salaire de base issu de la grille indiciaire, auquel viennent s’ajouter plusieurs primes dont la prime de nuit est la plus significative.

Salaire de base avant prime de nuit

Le salaire de base d’une aide-soignante dans la fonction publique hospitalière (FPH) est déterminé par la grille indiciaire de la catégorie B. Elle comporte deux classes : la classe normale (11 échelons, de l’IB 351 à l’IB 510) et la classe supérieure (7 échelons, de l’IB 457 à l’IB 590).

En 2026, la valeur du point d’indice est fixée à 4,92 €. Un traitement indiciaire brut se calcule en multipliant l’indice brut (IB) par cette valeur.

Exemples de traitements de base bruts mensuels :

Classe Echelon IB Traitement brut mensuel
Normale 1 351 1 726 €
Normale 4 388 1 909 €
Normale 6 420 2 066 €
Normale 11 510 2 509 €
Superieure 4 530 2 608 €
Superieure 7 590 2 903 €

Ces montants sont ceux avant toute prime. La prime de nuit, la prime Ségur et les autres indemnités viennent s’y ajouter.

Salaire brut et net avec primes de nuit incluses

Pour une aide-soignante effectuant exclusivement des nuits (14 nuits par mois, soit environ 112h), le salaire brut total avec primes principales se situe généralement entre 1 900 € et 2 800 € brut selon l’échelon et le secteur.

Après prélèvement des cotisations sociales (environ 22 % dans le public), la fourchette nette est de 1 520 € à 2 240 €. En EHPAD privé, elle oscille entre 1 400 € et 2 100 € nets selon la convention collective applicable et l’ancienneté.

Comment fonctionne la prime de nuit pour une aide-soignante ?

La plage horaire légale du travail de nuit

Dans la fonction publique hospitalière, la plage de nuit est définie de 21h à 6h, conformément aux dispositions réglementaires applicables aux établissements publics de santé. Pour qu’une heure soit considérée comme heure de nuit, la vacation doit comporter au moins 3 heures sur cette plage.

Dans le secteur privé et dans certains EHPAD relevant de conventions collectives spécifiques, la plage peut débuter dès 20h, selon les termes de la CCN 51 (FEHAP) ou de la CCN 66. L’article L.3122-2 du Code du travail définit quant à lui le travail de nuit comme toute heure accomplie entre 21h et 6h pour les salariés de droit privé.

Le calcul de la prime de nuit dans la fonction publique hospitalière

Depuis le décret du 22 décembre 2023 (JORFTEXT000048658347), le mode de calcul de la prime de nuit dans la FPH a été refondu. L’ancienne prime forfaitaire a été remplacée par une majoration proportionnelle au traitement.

La formule exacte est la suivante :

Prime horaire nuit = (traitement indiciaire annuel brut / 1 820) x 25 %

Exemple concret avec un IB 388 (échelon 4, classe normale) :

  • Traitement annuel brut : 1 909 € x 12 = 22 908 €
  • Taux horaire de base : 22 908 / 1 820 = 12,59 €/h
  • Prime nuit : 12,59 x 25 % = 3,15 €/h brut

Sur une nuit de 10 heures, cela représente environ 31,50 € brut de prime de nuit, soit une majoration effective de 25 % par rapport à l’heure de jour.

Avant ce décret, la prime forfaitaire était de 1,07 € par heure de nuit, ce qui représentait moins de 10 % du taux horaire pour les échelons les plus élevés. La réforme de 2023 a donc significativement revalorisé la rémunération nocturne dans le public.

La prime de nuit dans le secteur privé et en EHPAD

Dans le secteur privé, les modalités varient selon la convention collective de l’établissement :

  • CCN 51 (FEHAP) : majoration de 22 % du taux horaire de base + repos compensateur de 2,5 % du temps de nuit effectué
  • CCN 66 : majoration de 25 % ou indemnité forfaitaire de 1,65 point (valeur du point 2024 : 4,94 €, soit environ 8,15 € par nuit)
  • Intérim (CCU FHP ou accord de branche) : majorations pouvant atteindre 30 %

Ces taux s’appliquent aux heures effectuées sur la plage définie par chaque convention, ce qui peut différer légèrement de la plage FPH.

Salaire aide-soignante de nuit selon le secteur et le statut

Aide-soignante de nuit à l’hôpital public (FPH)

A l’hôpital public, le salaire nocturne se construit sur la grille indiciaire augmentée des primes obligatoires. Pour une aide-soignante en classe normale effectuant 14 nuits par mois :

Composante Montant mensuel brut
Traitement de base (IB 388) 1 909 €
Prime Segur 238 €
Prime de sujétion spéciale (PSS 10 %) 191 €
Prime de nuit (14 nuits x 10h x 3,15 €) 441 €
Total brut estimé 2 779 €
Net estimé (- 22 %) 2 168 €

La prime Ségur, intégrée depuis les accords du Ségur de la Santé en 2020, représente 238 € brut par mois pour les agents de la FPH. C’est une composante fixe qui ne dépend pas de l’horaire.

Aide-soignante de nuit en EHPAD

Dans les EHPAD relevant de la fonction publique territoriale (FPT), la grille indiciaire est identique à celle de la FPH. Les conditions de calcul de la prime de nuit y sont les mêmes.

Dans les EHPAD privés associatifs (CCN 51) ou privés commerciaux (CCN 66), la fourchette nette est de 1 400 € à 2 100 € selon l’ancienneté. La plage horaire y est souvent de 20h30 à 6h ou 7h, avec des gardes de 12 heures de plus en plus courantes.

La prime Ségur dans le privé non lucratif est de 160 € nets par mois depuis son extension en 2021.

Aide-soignante de nuit en intérim

Depuis la loi Valletoux de 2024, les aides-soignantes doivent justifier de 2 ans d’expérience avant de pouvoir exercer en intérim. Cette condition vise à sécuriser la qualité des remplacements dans les établissements de santé.

Pour les profils éligibles, l’intérim ou la vacation de nuit offre une rémunération supérieure. Le salaire moyen d’une aide-soignante en intérim est de 2 134 €. En cumulant la majoration de nuit (jusqu’à 30 %), l’indemnité de fin de mission (IFM, 10 %) et les congés payés (CP, 10 %), il est possible de dépasser les 2 000 € nets sur certaines missions.

Exemple sur une mission de 10 heures de nuit avec taux horaire de base 12 € :

  • Majoration nuit 30 % : + 3,60 €/h => 15,60 €/h
  • IFM 10 % : + 1,56 €/h => 17,16 €/h
  • CP 10 % : + 1,72 €/h => 18,88 €/h brut
  • Total pour 10h : 188,80 € brut => environ 147 € nets

Peut-on cumuler prime de nuit avec d’autres primes ?

Cumul prime de nuit et prime de dimanche

Oui, les deux primes sont entièrement cumulables. Une nuit qui débute le samedi à 22h et se termine le dimanche à 6h génère simultanément des heures de nuit (21h-6h) et des heures de dimanche (0h-6h).

Dans la FPH, la prime dimanche est fixée à 60 € brut forfaitaires pour une vacation de 8 heures. Elle s’applique indépendamment de la prime de nuit, qui elle est calculée sur le taux horaire. Pour une nuit du samedi au dimanche de 10 heures, les deux primes s’appliquent en totalité.

Cumul prime de nuit et jours fériés

Les jours fériés génèrent également une prime spécifique dans la FPH, d’un montant identique à la prime dimanche (60 € brut pour 8h). Elle est cumulable avec la prime de nuit.

Attention : la prime de récupération du 1er mai a été supprimée dans le secteur public. En revanche, la prime de nuit s’applique normalement sur la plage 21h-6h du 1er mai.

Simulation comparative pour une aide-soignante FPH échelon 4 sur une nuit de 10h :

Type de nuit Prime nuit (10h x 3,15 €) Prime dimanche/férié Total primes brutes
Nuit ordinaire (lun-ven) 31,50 € 0 € 31,50 €
Nuit de samedi à dimanche 31,50 € 60 € (forfait) 91,50 €
Nuit de jour férié 31,50 € 60 € (forfait) 91,50 €

La différence entre une nuit ordinaire et une nuit de dimanche ou de jour férié représente donc un gain supplémentaire de 60 € brut, soit environ 47 € nets par vacation.

Le repos compensateur lié au travail de nuit

C’est un droit souvent méconnu, pourtant prévu par la réglementation. Dans la FPH, toute aide-soignante effectuant au moins 3 heures de nuit par vacation a droit à un repos compensateur.

Au-delà de 270 heures de nuit effectuées sur 12 mois glissants, ce repos compensateur est majoré. Pour une aide-soignante effectuant 14 nuits de 10 heures par mois, soit 1 680 heures annuelles de travail dont environ 140h nocturnes par mois, le seuil de 270h est atteint dès le troisième mois.

En pratique, cela représente 2 à 3 jours de repos supplémentaires par mois pour un profil effectuant exclusivement des nuits. Ce repos n’est pas rémunéré en supplément mais constitue un avantage concret sur la charge de travail annuelle.

Dans la CCN 51, le repos compensateur nuit est de 2,5 % du temps de nuit effectué, soit environ 1,8 jour supplémentaire par mois pour 14 nuits.

Quelles autres primes et indemnités pour une aide-soignante de nuit ?

Les primes liées à la fonction publique

En dehors de la prime de nuit, les aides-soignantes de la FPH bénéficient de plusieurs indemnités réglementaires :

  • Indemnité de sujétion spéciale (ISS) : 10 % du traitement brut, accordée en raison des contraintes particulières liées à la fonction
  • Prime Ségur : 238 € brut par mois depuis la revalorisation 2020-2021
  • Indemnité Forfaitaire de Risque (IFR) : entre 24 et 48 € par mois pour les agents exerçant dans des services à risques (urgences, réanimation)
  • Indemnité de Résidence (IR) : variable selon la zone géographique de l’établissement (de 0 % à 3 % du traitement brut)
  • GIPA (Garantie Individuelle du Pouvoir d’Achat) : versée si l’évolution du traitement sur 4 ans est inférieure à l’inflation, calculée individuellement
  • Supplément Familial de Traitement (SFT) : accordé aux agents ayant des enfants à charge, montant progressif selon le nombre d’enfants

Les primes dans le secteur privé et en EHPAD

Dans les établissements privés, le système de primes est différent :

  • Prime Ségur : 160 € nets par mois (secteur privé non lucratif depuis 2021)
  • Pas de prime de sujétion spéciale systématique
  • En contrepartie : intéressement, participation aux bénéfices, tickets restaurant, chèques vacances selon les accords d’entreprise
  • Plafond d’heures supplémentaires défiscalisées : 220 heures par an

L’écart de rémunération entre public et privé pour les aides-soignantes de nuit est estimé à 100-300 € brut par mois en faveur du secteur public, principalement en raison de la prime de sujétion et du montant Ségur plus élevé.

Comment augmenter son salaire en travaillant de nuit en tant qu’aide-soignante ?

Choisir les bons créneaux : nuits de week-end et jours fériés

La stratégie la plus accessible pour maximiser sa rémunération nocturne consiste à cibler les nuits qui activent plusieurs primes simultanément. Une nuit du samedi au dimanche cumule prime de nuit et prime de dimanche.

Pour une aide-soignante FPH à l’échelon médian (IB 420, taux horaire 13,54 €) sur une nuit de 10h :

  • Prime nuit : 10 x 3,38 € = 33,80 € brut
  • Prime dimanche forfaitaire : 60 € brut
  • Total supplémentaire par rapport à une nuit de semaine : 93,80 € brut, soit environ 73 € nets

Sur un mois comptant 2 nuits de dimanche et 1 nuit de jour férié, cela représente un gain de 219 € brut de primes supplémentaires, soit environ 171 € nets en plus par rapport à 3 nuits de semaine ordinaires.

L’intérim de nuit : levier de rémunération à connaître

Pour les aides-soignantes répondant à la condition des 2 ans d’expérience fixée par la loi Valletoux 2024 pour l’intérim, les missions de nuit en intérim permettent d’atteindre des rémunérations supérieures à celles du contrat fixe. La vacation de nuit, accessible sans condition d’ancienneté, offre également des niveaux de rémunération attractifs.

En cumulant la majoration de nuit (jusqu’à 30 % selon les établissements), l’IFM (10 %) et les congés payés (10 %), une mission de 10 heures avec un taux horaire de base de 12,50 € peut générer jusqu’à 195 € brut, soit environ 152 € nets par vacation.

Pour une aide-soignante effectuant 14 vacations de nuit par mois en intérim, cela représente un potentiel de 2 100 € nets, dépassant la plupart des situations en CDI sur poste de nuit en établissement privé. ClemCo permet d’accéder à ces opportunités directement depuis votre espace personnel, sans intermédiaire supplémentaire.

L’évolution de carrière : de l’aide-soignante vers infirmière

L’évolution vers le métier d’infirmière représente le levier d’augmentation salariale le plus significatif à long terme. Depuis 2023, une passerelle simplifiée est ouverte aux aides-soignantes justifiant d’au moins 3 ans d’expérience.

Le dispositif permet, après constitution d’un dossier et validation par l’IFSI, d’intégrer directement la deuxième année du cursus infirmier via un parcours intensif de 3 mois. L’écart de salaire entre une aide-soignante et une infirmière peut atteindre jusqu’à 1 000 € brut par mois selon l’échelon.

Le financement de cette formation peut être pris en charge par l’établissement employeur en échange d’un engagement de service, ou via le Compte Personnel de Formation (CPF). C’est une option à étudier dès la cinquième année d’exercice, en particulier pour les professionnelles souhaitant rester dans le secteur de la santé tout en améliorant leurs perspectives salariales.

FAQ — Questions fréquentes sur le salaire aide-soignante de nuit

Quel est le salaire net d’une aide-soignante de nuit en 2026 ?

Entre 1 520 € nets (échelon 1, FPH, avec prime de nuit uniquement) et 2 240 € nets pour les échelons supérieurs avec primes. En EHPAD privé, la fourchette est de 1 400 à 2 100 € nets selon l’ancienneté et la convention collective applicable.

A partir de quelle heure la prime de nuit s’applique-t-elle pour les aide-soignantes ?

En FPH : dès 21h jusqu’à 6h. Dans le privé et certains EHPAD : dès 20h selon la convention collective (CCN 51 ou CCN 66). Pour que la prime soit applicable, la vacation doit comporter au moins 3 heures sur cette plage horaire.

Combien rapporte une nuit complète pour une aide-soignante ?

En FPH avec un IB médian (IB 388-420), une nuit de 10 heures génère entre 30 et 34 € brut de prime de nuit. Si cette nuit tombe un dimanche ou un jour férié, la prime forfaitaire supplémentaire de 60 € s’ajoute, portant le total à 90-94 € brut de primes pour cette seule vacation.

L’aide-soignante de nuit a-t-elle droit à des repos compensateurs ?

Oui. Dès 3 heures de nuit effectuées par vacation, un repos compensateur est accordé. Au-delà de 270 heures de nuit sur 12 mois glissants, ce repos est majoré. Pour une aide-soignante effectuant 14 nuits mensuelles de 10 heures, cela représente environ 2 à 3 jours supplémentaires par mois.

Le salaire de nuit est-il le même en EHPAD et à l’hôpital ?

Dans le public (FPH et FPT) : la grille est identique et la formule de calcul de la prime nuit est la même. Dans le privé, les écarts peuvent aller de 10 à 25 % sur la majoration nuit selon la convention (CCN 51, CCN 66, CCU FHP), et le montant Ségur est inférieur de 78 € brut par rapport au public.

Clément Le Lann
Rédigé par

Clément Le Lann

Responsable du pôle Support, Recrutement et Planification, je veille à la performance opérationnelle de l’entreprise en coordonnant les fonctions essentielles liées à l’organisation et au bon fonctionnement des activités. Je supervise le plateau de recrutement et de planification afin de garantir réactivité et adéquation entre les profils recrutés et les besoins opérationnels. Je pilote également le pôle support pour assurer la fluidité des processus internes, faciliter la coordination entre les équipes et maintenir un haut niveau de qualité de service.

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