Quatre professionnels de santé souriants échangent de manière détendue autour d'une tablette affichant une application de planning dans la salle de repos lumineuse d'un hôpital moderne. En arrière-plan, un écran numérique affiche le texte 'Le statut de vacataire : liberté & flexibilité'.

Qu’est-ce qu’un vacataire de santé ? Définition, avantages et salaire en 2026

10 min de lecture
Le vacataire de santé est un soignant qui intervient ponctuellement en signant un contrat directement avec l'établissement (CDD d'usage dans le privé, contrat d'agent contractuel dans le public), sans passer par une agence d'intérim. La différence fondamentale avec l'intérim est le circuit court : absence de commission d'agence (coefficient multiplicateur de 2 à 2,5), ce qui permet à l'établissement de proposer un taux horaire souvent 15 à 20 % plus élevé tout en réalisant des économies. Le vacataire bénéficie de cinq avantages majeurs : liberté totale de son planning (aucune obligation d'accepter une mission), salaire net souvent supérieur (ICP à 10 % + taux horaire négocié), sentiment d'appartenance aux équipes (retours réguliers dans les mêmes services), diversité des pratiques cliniques enrichissant le CV, et souplesse idéale pour les retraites actives ou les temps partiels. Le statut est ouvert aux diplômés (IDE, AS), aux ESI ayant validé leur 1ère année, aux fonctionnaires avec autorisation de cumul d'activités, aux salariés du privé sur leurs repos, et aux retraités via le dispositif CER. En 2026, la recherche de missions se fait principalement via les viviers digitaux (pools) des établissements, avec acceptation en un clic depuis le smartphone, remplaçant efficacement le CV papier déposé en secrétariat.

Sommaire

On entend souvent dire dans les couloirs de l’hôpital ou en salle de pause : « J’arrête le CDI, je me mets à mon compte » ou « Je vais faire de l’intérim pour gagner plus ». Mais au milieu de ces discussions, un troisième statut tire son épingle du jeu, souvent confondu avec l’intérim alors qu’il est fondamentalement différent : le vacataire.

Si vous lisez ces lignes, c’est probablement que vous cherchez à reprendre le contrôle de votre emploi du temps, à compléter vos revenus ou simplement à voir autre chose que votre service habituel. Mais le flou juridique et administratif autour de la vacation vous freine.

Qu’est-ce qu’un vacataire exactement ? Est-ce plus avantageux que l’intérim ? Comment ça marche pour la retraite, les congés payés ou le salaire ?

Dans ce guide complet 2026, nous allons décortiquer ce statut pour vous aider à faire le meilleur choix pour votre carrière de soignant.

1. Définition simple : C’est quoi être « Vacataire » ?

Pour faire simple : être vacataire, c’est être un électron libre, mais en relation directe avec l’établissement de santé, sans passer par une agence.

Contrairement à l’intérim où vous êtes salarié de l’agence (Adecco, Appel Médical, etc.), en vacation, vous signez un contrat directement avec l’hôpital, la clinique ou l’EHPAD qui a besoin de vous.

Le statut juridique exact

Le terme « vacataire » est un terme d’usage. Juridiquement, selon que vous travaillez dans le public ou le privé, le contrat change :

  1. Dans le Public (Hôpital) : Vous êtes recruté en tant qu’agent contractuel pour une durée déterminée. On parle souvent de « vacation administrative ». Vous êtes payé à la tâche ou à l’heure, selon une grille indiciaire.
  2. Dans le Privé (Clinique, EHPAD lucratif ou associatif) : Vous signez un CDD d’Usage (CDDU) ou un CDD de remplacement classique. C’est un contrat très souple, prévu par le code du travail pour des secteurs à activité variable comme la santé.

Ce qu’il faut retenir : Le vacataire est un soignant qui intervient ponctuellement (pour une garde de 10h, une nuit, ou quelques jours) pour combler un absentéisme ou un surcroît d’activité, et qui est rémunéré directement par l’établissement.

2. Vacation vs Intérim : Le match

C’est la confusion n°1. « C’est pareil, non ? » Pas du tout. Et cette différence a un impact direct sur votre poche et votre qualité de vie au travail.

Voici un tableau comparatif pour y voir plus clair :

CritèreIntérimVacation
Votre employeurL’agence d’intérimL’établissement de santé (Direct)
IntermédiaireOui (l’agence prend une commission)Non (Circuit court)
SalaireFixé par l’agence (souvent grille stricte)Négociable (souvent plus élevé)
RelationnelVous êtes un « numéro » parmi d’autresVous faites partie du « Vivier » de l’établissement
FidélitéOn vous envoie n’importe oùVous choisissez vos établissements préférés

Pourquoi la vacation peut payer mieux que l’intérim ?

C’est mathématique. Quand un hôpital passe par une agence d’intérim, il paie le salaire du soignant PLUS la commission de l’agence (le coefficient multiplicateur est souvent de 2,0 à 2,5).

En vacation, l’établissement ne paie pas cette commission. Il peut donc se permettre de vous payer mieux tout en faisant des économies. C’est du « gagnant-gagnant ». De nombreux établissements proposent aujourd’hui des taux horaires attractifs pour leurs vacataires directs, supérieurs aux grilles conventionnelles.

3. Les 5 avantages majeurs du statut de vacataire

Pourquoi de plus en plus d’IDE, d’AS, IBODE, IBO MT et IBO délaissent les boîtes d’intérim pour s’inscrire directement dans les viviers des hôpitaux ?

A. La liberté totale (Le « Master » de votre planning)

En tant que vacataire, vous n’avez aucune obligation d’accepter une mission.

  • Vous voulez travailler 3 jours par semaine ? C’est possible.
  • Vous voulez prendre 2 mois de vacances en été ? Vous ne signez pas de contrat sur cette période.
  • Vous ne voulez faire que des nuits ? Vous ciblez ces demandes.

C’est le statut idéal pour les parents qui veulent gérer les mercredis, ou pour ceux qui ont un projet personnel à côté.

B. Un salaire net souvent plus intéressant

Comme expliqué plus haut, l’absence d’intermédiaire permet de négocier. De plus, en vacation (CDD), vous touchez à la fin de chaque contrat (ou chaque mois) :

  • Votre salaire de base.
    • 10% d’Indemnités de Congés Payés (ICP).
    • 10% de Prime de Précarité (selon le type de contrat, attention, en CDD d’Usage ou dans le public, cette prime n’est pas systématique, c’est un point à vérifier !).

C. L’intégration dans l’équipe (Fini le « Mercenaire »)

L’intérimaire est souvent vu comme le « mercenaire » qui vient, prend son chèque et repart. Il change de service tout le temps, ne connaît pas les codes, ni les prénoms des collègues. C’est épuisant psychologiquement.

Le vacataire, lui, revient souvent dans les mêmes établissements. Il connaît les cadres, les habitudes du service, les logiciels de soins.

  • Résultat : Moins de stress avant la prise de poste. Vous êtes considéré comme un membre de l’équipe à part entière, même si vous ne venez que 4 fois par mois.

D. La diversité des pratiques

C’est le meilleur moyen de ne pas s’enfermer dans une routine. Vous pouvez être vacataire en Réa le lundi, en EHPAD le jeudi et en Hospitalisation à Domicile (HAD) la semaine suivante. Cela enrichit votre CV et votre compétence technique à une vitesse grand V.

E. Idéal pour compléter un temps partiel ou une retraite

Pour les retraités qui veulent garder un pied à l’étrier (et mettre du beurre dans les épinards) ou les salariés à temps partiel, la vacation offre une souplesse que le CDD classique ne permet pas.

4. Qui peut faire des vacations ? (Et les conditions)

Le statut est ouvert à presque tous les profils soignants, mais il y a des règles à respecter.

Les Étudiants en Santé (ESI / EAS)

C’est le job étudiant roi. Dès que vous avez validé certaines compétences (par exemple, la 1ère année pour les ESI afin d’exercer comme AS), vous pouvez faire des vacations le week-end ou pendant les vacances scolaires.

  • Avantage : Vous vous faites connaître des cadres pour votre futur recrutement post-DE.

Les Salariés du Public (Fonctionnaires)

C’est la question qui revient tout le temps : « Je suis titulaire à l’AP-HP, ai-je le droit de bosser ailleurs ? » La réponse est OUI, mais… C’est ce qu’on appelle le cumul d’activités.

  • Vous devez demander une autorisation écrite à votre hiérarchie.
  • L’activité doit être « accessoire ».
  • Vous ne devez pas dépasser le plafond d’heures légales (48h par semaine en moyenne).

Les Salariés du Privé

Si vous êtes en CDI dans une clinique, vous pouvez faire des vacations ailleurs sur vos jours de repos, à condition de :

  • Respecter votre clause de non-concurrence (rare pour les soignants, mais vérifiez votre contrat).
  • Respecter le temps de repos obligatoire (11h entre deux gardes). Ne jouez pas avec votre santé ni la sécurité des patients !

Les Retraités

Le dispositif « Cumul Emploi-Retraite » permet aux soignants retraités de faire des vacations sans limite de plafond (sous conditions de taux plein) ou avec un plafond de revenus. C’est très courant pour les médecins, mais de plus en plus pour les IDE et AS.

5. Comment trouver des vacations en 2026 ? (Fini le CV papier)

Il y a encore quelques années, pour devenir vacataire, il fallait imprimer 50 CV, prendre sa voiture et faire le tour des secrétariats des EHPAD du coin. C’était long, fastidieux, et souvent, votre CV finissait en bas d’une pile poussiéreuse.

En 2026, tout a changé.

Les établissements de santé ont compris qu’ils devaient moderniser leur gestion. Ils ne veulent plus passer par des agences (trop chères) et cherchent à constituer leur propre « Pool de remplaçants ».

C’est quoi un « Vivier » ou un « Pool » ?

C’est une communauté de soignants « validés » par l’établissement. Une fois que vous êtes inscrit dans le vivier d’un hôpital ou d’un groupe d’EHPAD :

  1. Le cadre a un besoin (une absence inopinée le matin même).
  2. Il envoie une notification via une application ou un logiciel.
  3. Vous recevez l’offre de mission directement sur votre mobile (« Besoin IDE de 7h à 14h – Tarif : XX€ »).
  4. Vous acceptez ou refusez en un clic.

C’est instantané. Plus besoin de téléphone qui sonne à 6h du matin pour négocier.

Pour vous inscrire, il suffit généralement de contacter l’établissement une première fois ou de passer par leur portail de recrutement en ligne. C’est ce qu’on appelle la gestion moderne des ressources humaines via une solution de vivier et pool comme celle de ClemCo. Ces outils permettent aux établissements de vous fidéliser et de vous proposer les missions en priorité avant d’appeler l’intérim.

Si vous visez un établissement précis, demandez-leur s’ils ont une application de gestion de vivier ou un « Pool de remplacement ». C’est souvent le sésame pour accéder aux meilleures missions.

6. Les points de vigilance (Parce que tout n’est pas rose)

Soyons transparents, la vie de vacataire demande de l’organisation.

  • L’instabilité des revenus : Si vous tombez malade, vous n’êtes pas payé (carence). Si l’activité baisse, on vous appelle moins. Il faut savoir gérer son budget.
  • La protection sociale : En multipliant les contrats courts, veillez à bien suivre vos droits chômage et retraite. Conservez précieusement tous vos bulletins de salaire (il peut y en avoir beaucoup !).
  • L’adaptation permanente : Même si vous revenez souvent, vous devez être capable de vous adapter rapidement à des équipes et des protocoles différents.

Conclusion : Le vacataire, ce soignant entrepreneur

Être vacataire de santé, c’est un peu être un « soignant entrepreneur ». Vous gérez votre planning, vous choisissez vos partenaires (les établissements), et vous valorisez votre expertise.

C’est un statut qui offre une liberté inestimable dans un métier souvent très contraignant. Que ce soit pour une transition de carrière, pour financer un projet ou simplement pour respirer un peu hors du cadre du CDI, la vacation est une option solide et rémunératrice.

Prêt à tenter l’aventure ? Ne restez pas seul. Renseignez-vous auprès des structures autour de chez vous, demandez à rejoindre leur vivier interne et testez une première mission. Vous pourriez bien y prendre goût !

Vos questions sur la vacation

Est-ce que la vacation compte pour la retraite ?

Oui, comme tout travail salarié déclaré. Chaque heure travaillée cotise pour le régime général (ou complémentaire selon votre statut).

Puis-je refuser une mission de vacation ?

Absolument. C’est le principe même du statut. Vous n’avez aucune justification à donner. Attention toutefois : si vous refusez systématiquement, l’établissement risque de moins vous solliciter à l’avenir.

Quelle est la différence entre « Vacataire » et « Libéral » ?

Le libéral est un travailleur indépendant (à son compte, URSSAF, CARPIMKO, feuilles de soins). Le vacataire reste un salarié (avec un bulletin de paie), même si son contrat est très court. Vous n’avez pas de charges à payer par vous-même en vacation, tout est prélevé à la source.

Clément Le Lann
Rédigé par

Clément Le Lann

Fort de 3 ans d’expérience dans la gestion et la délégation de personnel intérimaire, il occupe le poste de Directeur opérationnel / Co-Founder chez ClemCo. Il dispose d’une solide expertise financière, assurant la rentabilité et le pilotage stratégique de l’entreprise. Son parcours juridique approfondi s’accompagne d’une veille constante sur la conformité réglementaire (RGPD, droit du travail, etc.) et il agit en tant que garant de la conformité des applications aux obligations légales en vigueur.

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