Remplacements soignants pendant les fêtes : guide pratique

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Les fêtes de fin d'année sont une période redoutée dans les établissements de santé : cumul de congés, remplaçants eux-mêmes absents, patients plus vulnérables. Ce guide propose un rétroplanninng orienté direction, structuré de septembre à décembre, pour sécuriser les effectifs les 24, 25, 31 décembre et 1er janvier - avec les points de vigilance sur la rémunération des jours fériés.
Sommaire

Pourquoi les fêtes de fin d’année fragilisent les effectifs des établissements de santé

Chaque année, la même pression s’installe dans les directions d’établissements : les demandes de congés décembre soignants arrivent en masse, les remplaçants habituels sont indisponibles, et les résidents ou patients ont davantage besoin de présence soignante. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un problème de gestion RH qui s’aggrave chaque année si l’anticipation n’est pas au rendez-vous.

Un cumul de demandes de congés sur une même fenêtre

Le problème n’est pas la demande individuelle de congé – c’est leur concentration. Entre le 23 décembre et le 2 janvier, une part significative des équipes soignantes pose des jours. Infirmiers, aides-soignants, ASH : toutes les catégories sont concernées. Dans un EHPAD de 80 lits, couvrir trois postes d’aide-soignant la nuit du 24 au 25 décembre suppose d’avoir anticipé les absences avec plusieurs semaines d’avance. Laisser ce planning à la dernière minute, c’est s’exposer à un remplacement EHPAD en urgence – les conditions les moins favorables pour trouver un profil disponible et qualifié.

Des soignants remplaçants eux-mêmes indisponibles

Le deuxième facteur aggravant est moins évident : les remplaçants sont, eux aussi, en congé ou en famille pendant les fêtes. Un aide-soignant remplaçant qui travaille en vacation ponctuelle n’a pas d’obligation de disponibilité. Les profils les plus sollicités sont souvent réservés en priorité par les établissements avec lesquels ils ont un historique de collaboration. Chercher un infirmier remplaçant disponible le 25 décembre sans avoir établi une relation de confiance en amont, c’est chercher dans un vivier vide.

Des patients plus vulnérables en hiver

La continuité des soins ne s’improvise pas pendant les fêtes. En dehors des congés, la période hivernale amplifie les besoins : pathologies respiratoires, chutes, décompensations. Les établissements de santé doivent maintenir un niveau de soins constant alors que les équipes sont réduites. La gestion des absences à cette période n’est pas seulement une contrainte administrative : c’est un enjeu de qualité des soins.

Le rétroplanninng : anticiper dès septembre pour tenir en décembre

C’est la section que les directions d’établissement cherchent sans la trouver. Les ressources disponibles sur ce sujet s’adressent aux infirmiers libéraux qui cherchent un remplaçant pour leur cabinet. Aucune ne propose un rétroplanninng structuré pour une direction d’EHPAD ou un cadre de santé qui gère plusieurs dizaines de postes.

Voici un tableau opérationnel sur quatre périodes clés :

Période Action Responsable À faire avant le
Septembre Audit des postes à risque : identifier les soignants susceptibles de poser des congés en décembre. Envoyer une communication d’anticipation aux équipes. Cadre de santé / DRH 30 septembre
Octobre Activation du vivier de remplaçants : contacter les profils prioritaires (anciens stagiaires, remplaçants connus, pool ClemCo). Recueillir les disponibilités pour les dates critiques (24, 25, 31 déc. / 1er jan.). Cadre de santé 31 octobre
Novembre Confirmation des remplaçants disponibles. Signature des contrats de vacation ou des missions. Briefings de passation de poste planifiés. RH / Cadre de santé 30 novembre
1re-2e semaine de décembre Vérification finale des plannings. Activation du plan B pour les postes non couverts. Briefings effectifs. Direction / Cadre 15 décembre

Septembre – inventaire des congés déposés et identification des postes à risque

En septembre, l’objectif n’est pas encore de trouver des remplaçants : c’est de savoir exactement quels postes seront à couvrir. Cela suppose de centraliser les demandes de congés anticipées, d’identifier les soignants qui partent chaque année à cette période, et de cartographier les postes par niveau de criticité (nuit, week-end, jours fériés). Ce travail de projection est souvent négligé parce qu’il semble trop tôt en septembre – c’est précisément pour cette raison qu’il est efficace.

Octobre – activation du vivier de remplaçants et premiers contacts

En octobre, le planning de remplacement prend forme. C’est le moment de contacter en priorité les profils déjà connus : soignants qui ont effectué des vacations dans l’établissement, anciens stagiaires, remplaçants réguliers. Ces profils ont une connaissance des protocoles, des équipes et des résidents – ce qui réduit le temps d’adaptation et les risques d’erreur. Les demandes adressées en octobre ont un taux de réponse positive nettement supérieur à celles envoyées en décembre.

Novembre – confirmation des remplaçants, contrats, briefings

Novembre est le mois de la sécurisation. Les remplaçants identifiés en octobre doivent être confirmés par contrat. Pour les vacations sur des jours fériés (25 décembre, 1er janvier), le contrat doit mentionner explicitement les conditions de rémunération applicables – notamment les majorations et droits à repos compensateur. C’est aussi en novembre que les briefings de passation de poste doivent être planifiés, pour que le remplaçant connaisse le contexte avant le jour J.

Première et deuxième semaine de décembre – vérifications finales et plan B

À deux semaines des fêtes, le planning doit être verrouillé à 90 %. La deuxième semaine de décembre est le dernier moment pour activer un plan B sur les postes non couverts : appel élargi au vivier secondaire, contact avec une agence d’intérim en santé si nécessaire. Attendre le 22 ou le 23 décembre, c’est s’exposer à des coûts d’urgence très élevés – et souvent à des refus.

Constituer un vivier de remplaçants disponibles en période festive

La qualité de l’anticipation repose sur la qualité du pool de soignants mobilisables. Un établissement qui maintient un vivier de remplaçants actif et qualifié toute l’année aborde les fêtes dans une position radicalement différente de celui qui recommence de zéro chaque décembre.

Privilégier les soignants déjà connus de l’établissement

Un remplaçant soignant qui a déjà travaillé dans l’établissement connaît les protocoles, les résidents, les collègues. Ce profil est à la fois plus rassurant pour les équipes en place et moins risqué pour la continuité des soins. La première action est donc de constituer et maintenir une liste à jour de ces profils – avec leurs disponibilités, leurs contraintes et leur historique de collaboration.

Élargir aux étudiants en soins infirmiers et aides-soignants en formation

Les étudiants en deuxième ou troisième année (IFSI pour les infirmiers, IFAS pour les aides-soignants) constituent un vivier sous-exploité pour les remplacements de fêtes. Beaucoup sont disponibles pendant les vacances universitaires – qui coïncident précisément avec décembre. Ils ne peuvent pas effectuer les mêmes actes qu’un soignant diplômé, mais leur présence peut soulager les équipes sur des tâches adaptées à leur niveau de formation. Certains établissements entretiennent des partenariats directs avec des instituts de formation : c’est un levier à activer dès octobre.

Le rôle d’une plateforme de gestion des remplaçants

Gérer un vivier de remplaçants manuellement – via des appels téléphoniques, des listes Excel ou des groupes WhatsApp – devient ingérable à l’échelle d’un établissement dès lors que les volumes augmentent. Un logiciel de gestion des remplacements permet de centraliser les profils, les disponibilités et les historiques de vacation en un seul endroit. En période de fêtes, cela signifie pouvoir envoyer une demande à l’ensemble du vivier en quelques clics, plutôt que de passer trois heures au téléphone le 23 décembre.

Le vivier et pool ClemCo est construit précisément pour cette logique : un pool de soignants qualifiés, disponibles et habitués aux établissements de santé, avec une gestion centralisée des plannings et des contrats.

Rémunération et majorations : ce que les remplaçants attendent pendant les fêtes

C’est la section la plus rarement traitée dans les ressources disponibles sur ce sujet – et pourtant la plus déterminante pour attirer des remplaçants sur les jours les plus demandés.

Jours fériés et majorations : le cadre légal applicable

Les jours fériés légaux (25 décembre, 1er janvier) ouvrent droit à des compensations spécifiques pour les soignants contraints de travailler. Le cadre applicable dépend du statut de l’établissement :

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  • Fonction Publique Hospitalière (FPH) : les agents travaillant un jour férié bénéficient d’une majoration de rémunération et/ou d’un repos compensateur. Le taux exact et les conditions sont fixés par les textes statutaires de la FPH.
  • Établissements privés à but non lucratif (convention FEHAP / UCANSS) : les dispositions sont définies par la convention collective nationale applicable.
  • Établissements privés commerciaux : le Code du travail s’applique en base, avec les éventuelles dispositions d’accord de branche ou d’entreprise.

Pour les vacataires et remplaçants, le contrat doit mentionner explicitement les conditions applicables pour les jours fériés inclus dans la mission. Cette clause protège à la fois l’établissement et le remplaçant.

Comment valoriser les conditions pour attirer des remplaçants volontaires

Au-delà des obligations légales, certains établissements ajoutent des leviers complémentaires pour rendre les jours de fêtes plus attractifs : versement immédiat de la rémunération, indemnité de repas, souplesse sur les horaires de prise de poste, ou prime d’engagement pour les remplaçants qui confirment leur disponibilité dès octobre. Ces pratiques ne sont pas des avantages anodins : dans un contexte où les remplaçants ont le choix entre plusieurs établissements, les conditions proposées font la différence.

Les erreurs à éviter dans l’organisation des remplacements de fêtes

Attendre novembre pour commencer les recherches

C’est l’erreur la plus courante et la plus coûteuse. En novembre, les meilleurs profils sont souvent déjà réservés par les établissements qui ont anticipé. Rester sur les demandes de remplacement de novembre en décembre expose à deux risques : des profils de moindre qualité, et des conditions d’urgence (intérim en santé, majorations de délai) qui gonflent les coûts. Le rétroplanninng présenté plus haut – avec un démarrage en septembre – est la seule façon de sortir de ce schéma.

S’appuyer uniquement sur l’intérim en urgence

L’intérim en santé est un outil utile, mais pas une solution de premier recours pour les fêtes. D’une part, les agences d’intérim appliquent des coefficients majorés sur les périodes de forte demande – ce qui alourdit sensiblement la facture. D’autre part, l’intérim implique un soignant non connu de l’établissement, sans historique avec les résidents ni connaissance des protocoles internes. La Loi Valletoux encadre par ailleurs le recours à l’intérim dans les établissements de santé publics : les directions concernées doivent vérifier les conditions d’application avant de s’engager sur ce levier.

Oublier les briefings de passation de poste

Un remplaçant soignant bien briefé est deux fois plus efficace qu’un remplaçant qui découvre le service le jour J. Le briefing de passation de poste – même court, même à distance – couvre les informations essentielles : résidents ou patients à surveiller, protocoles spécifiques, contacts d’astreinte, organisation des transmissions. L’absence de briefing est l’une des principales causes d’incidents pendant les périodes de remplacement. Planifier ces passages de consigne en novembre, pour qu’ils soient effectifs avant le 20 décembre, est une bonne pratique applicable à tous les établissements.

FAQ

Quand faut-il commencer à chercher des remplaçants pour les fêtes de fin d’année ?

Dès septembre pour les établissements de santé. L’anticipation est le seul levier efficace pour sécuriser des profils qualifiés et disponibles sur des dates aussi demandées que le 24 ou le 31 décembre. Attendre novembre, c’est chercher dans un vivier déjà largement sollicité.

Quelle différence entre vacation et intérim pour un remplacement de fêtes ?

La vacation est un contrat direct entre l’établissement et le soignant, sans intermédiaire. L’intérim passe par une agence qui facture un coefficient supplémentaire. Sur le plan pratique, la vacation est généralement plus souple, moins coûteuse et favorise les soignants déjà connus de l’établissement. L’intérim intervient plutôt en dernier recours, quand le vivier interne est épuisé. Pour en savoir plus sur les spécificités de chaque statut, l’article sur les remplacements en aide-soignant détaille les régimes applicables.

Les jours fériés (25 décembre, 1er janvier) donnent-ils droit à une majoration pour les remplaçants ?

Oui, dans la plupart des établissements. Le montant précis dépend du statut de l’établissement (FPH, convention FEHAP ou privé commercial) et du contrat de vacation signé. Il est impératif que le contrat mentionne explicitement les conditions applicables pour éviter tout litige.

Comment centraliser la gestion des remplaçants pour ne plus dépendre des appels d’urgence ?

Un logiciel dédié permet de maintenir un vivier actif, de suivre les disponibilités en temps réel et d’envoyer des demandes groupées en quelques clics. Pour les établissements qui veulent déléguer cette gestion, le pool ClemCo fonctionne comme un service externalisé : ClemCo gère le vivier et les contrats, l’établissement accède aux profils disponibles via la plateforme.

Conclusion

Les remplacements pendant les fêtes de fin d’année ne se règlent pas en décembre. Ils se préparent en septembre, se sécurisent en octobre et se confirment en novembre. Un établissement de santé qui intègre ce rétroplanninng dans son cycle annuel sort de la logique d’urgence – avec, à la clé, de meilleurs profils, des coûts maîtrisés et une continuité des soins garantie.

Pour ne plus dépendre d’appels manuels le 24 décembre, le logiciel de gestion des remplacements ClemCo centralise votre vivier, vos contrats et vos plannings en un seul outil – conçu pour les établissements de santé. Demandez une démonstration pour voir comment il s’intègre dans votre organisation.

Clément Le Lann
Rédigé par

Clément Le Lann

Responsable du pôle Support, Recrutement et Planification, je veille à la performance opérationnelle de l’entreprise en coordonnant les fonctions essentielles liées à l’organisation et au bon fonctionnement des activités. Je supervise le plateau de recrutement et de planification afin de garantir réactivité et adéquation entre les profils recrutés et les besoins opérationnels. Je pilote également le pôle support pour assurer la fluidité des processus internes, faciliter la coordination entre les équipes et maintenir un haut niveau de qualité de service.

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